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Essayer En Vain Anglais Cm2

Twiki fait apparaître une télécommande. Un petit hélicoptère apparaît et tournoie autour des KIWI. Twini veut essayer l’hélicoptère télécommandé mais Twiki refuse de le lui prêter. Twini décide alors de bricoler dans son coin. Twiki coince son hélicoptère sur la branche d’un arbre. Twiki essaie de le récupérer mais en vain. Twini montre fièrement la télécommande qu’il a bricolé et qui commande un petit avion. L’avion de Twini va également se percher dans l’arbre. Les KIWI vont chercher une échelle et découvrent un nid. La maman oiseau qui protège ses oisillons dispute les KIWI qui, surpris, tombent du haut de l’échelle. Les KIWI décident d’abandonner et jettent leurs télécommandes à la poubelle. C’est alors que l’hélicoptère et l’avion tournoient autour d’eux comme deux gros insectes. Les oisillons farceurs ont pris les commandes.

Bégaiements, hésitations, moments de solitude : il faut se rendre à l’évidence, ce n’est pas toujours simple de parler, d’être compris et de tout comprendre en anglais. Parce que je ne veux pas non plus passer pour une quiche et parler un english tout moche, je lis des livres et des magazines en anglais, regarde des séries. Mais à un moment, il faut toujours interagir avec d’autres humains. C’est tout de suite une affaire plus délicate.

« Mais qu’est-ce qu’il a dit ? »
3 nuances dans l’incompréhension de l’anglais

1/ La compréhension décalée : je n’ai pas compris tout de suite, mais 5 minutes après (au mieux). Quelqu’un me parle, je comprends des bribes de phrases ou de mots, mon cerveau marche à fond la caisse pour essayer de recoller les morceaux. L’environnement sonore peut nuire à la qualité de la compréhension.
Tiens, tout le monde descend du métro de façon inopinée, l’annonce dans le haut-parleur devait sûrement dire ‘colis suspect’, faut peut-être que je sorte moi aussi.
Pour une vie en société fluide, il faut piger tout suite ce qu’on te dit, et pas 5 minutes après. Si je ne comprends pas du premier coup et qu’on me répète en vain la même chose, je fins par maugréer, gênée, un No, thank you ; je pars en ruminant et je finis par comprendre quelques minutes après ; mais là, c’est comme une répartie cinglante, c’est toujours trop tard pour y retourner !
C’est pour cela que je me suis privée pendant 2 semaines du jeu de la grande loterie au Star Market, car je ne comprenais pas quand la caissière me proposait des tickets. Au yoga, quand je regarde autour de moi et que je suis dans le ‘triangle’ au lieu de faire ‘le pont’, je me dis qu’il y a un sérieux problème, mais là, ça va, je peux encore rectifier.

2/ Le bluff : je n’ai rien compris, mais je fais semblant que si. C’est typique du comportement en groupe. L’autre soir, on sort boire une bière avec des collègues de Manu ; à chaque blague qui entraînait l’adhésion générale, Manu et moi rions de concert, mais bon, sans trop savoir pourquoi (du coup, ça nous faisait rigoler deux fois plus).
Le risque du bluff : être démasqué. Si dans ce qui vient d’être dit il y avait une question, et que toi tu t’es contenté de rire naisement, c’est fichu. Grand moment de solitude en perspective.

3/ La panique : je n’ai rien compris, et mon interlocuteur attend que je dise quelque chose de sensé. Ce cas de figure arrive de moins en moins fréquemment, car je prends confiance au fur et à mesure. Mais méfiance, méfiance, méfiance ! Toute exposition au stress, toute demande de prise de décision rapide, toute sollicitation inattendue peut me faire basculer dans la panique.
Coffee, small or large ? / We are out of orange juice, want something else ? / Do you have our preferred card ? / Debit or credit card ? Il faut être sans cesse en alerte, toujours prêt à répondre quelque chose d’autre que Yes ou No. Sourire, oui, mais réfléchir en même temps, c’est impératif. Ne pas perdre la face (même au téléphone).
La panique peut entraîner des comportements ou des choix hors de propos : prendre toutes les cartes de fidélité qu’on me propose (j’espère qu’il n’y a pas un crédit toxique caché là-dedans), souscrire à une assurance dont je n’ai pas besoin (do you want a dog insurance ?… well… yes ?!…), choisir un plat qui ne me plaît pas au resto (let’s try the briskets / the salsa verde / the bostonian brown beans).

« Je parle trop mal, c’est l’enfer, j’ai envie de mourir. »
N’exagérons pas ! Les 3 niveaux d’anglais

1/ « Je m’embourbe ». S’embourber, c’est quand je me lance dans une explication dans laquelle ce n’était même pas la peine de penser pouvoir se lancer
Est-ce que je sais comment on dit cuisine moléculaire ? paire de collants en polaire ? chapka en moumouth ? Est-ce que je veux vraiment expliquer mon sujet de mémoire de maîtrise ? la préparation des crêpes Suzette ? la matière de ma robe de mariée ? Non ! Il faut rester simple et souriante.
Souvent, je me rends assez vite compte quand je me suis lancée dans une explication foireuse. Empêtrée, je me juge intérieurement en me disant : « Mais ma pauvre fille, qu’est-ce que tu dis, tais-toi ». Mais souvent, il est déjà trop tard.
L’autre soir, Manu a répondu au serveur qui lui demandait s’il avait aimé le Japon, que oui, il avait bien aimé les sushis et les bains chauds (bath, prononcés [bass]). Regard circonspect du serveur, qui comprend : tu as aimé le système de bus ? et là, ça dure un long moment pour expliquer bains chauds, et le mec ne voit même plus le rapport avec les sushis, le Japon. Il se dit juste : un mec me parle de prendre un bain chaud dans un bus. Quand je m’embourbe, je peux à la limite couper court en demandant You know what I mean ? Et si la personne répond Yeah, c’est qu’elle s’en fout, n’a rien compris et te fait grâce d’une nouvelle explication lente et humiliante.

2/ « Je suis la réincarnation de Shakespeare. » Ce sentiment jouissif de maîtrise de la langue anglaise va de pair avec l’augmentation du taux d’alcool dans le sang. C’est triste, mais c’est une réalité que nos dirigeants devraient prendre en compte pour améliorer le niveau dans les cours de langue. Je sais que j’ai dépassé les limites quand je me mets à parler espagnol.

3/ « OK, all right, I’m fine ! » Tout n’est pas tout blanc ou tout noir, il y a des moments de grâce, où tout va bien : je vois dans le regard de mon interlocuteur de la bienveillance, une connivence d’esprit. On se comprend ! Je m’encourage en me disant : « Bravo, c’est bien, bon accent, pensée clairement exprimée, une pointe d’humour ». Voilà ce que je ressens quand on me demande mon code postal et que je le donne illico, sans me tromper.

« Pourquoi il me sourit comme ça ? »
3 attitudes de l’interlocuteur qui vous écoute baragouiner

1/ Félicitations !
« Vous parlez vraiment super bien, enfin bien mieux que moi si je devais parler français. » Ce compliment n’est en fait pas très sympa : il dit juste que tu es suffisamment téméraire et sans once de dignité pour parler aussi mal anglais, mieux que lui ne ferait en français, mais de toute façon il ne le fait pas car il ne connait que 3 mots de français.

2/ Encouragements
Tout le monde voit que tu galères pour exprimer ton idée, mais hoche la tête en souriant doucement à tout ce que tu dis. Manu en réunion de travail ne dit rien pendant une heure, et prend finalement la parole : « Can I have a biscuit ? » Réponse : « Yes, of course ! » = Encouragements.

3/ Blâme
 Incompréhension des deux côtés. Je déploie des tonnes d’efforts pour parler clairement, je recommence en toute zénitude, mais la personne en face de moi s’obstine à ne rien piger. Pour recharger ma carte de métro, je demande au guichet : Can you add 30 dollars please ? – What ? 3 dollars ? – No, thirty. (je le répète 4-5 fois en variant la prononciation, puis en disant : Thirty, like three and zero). Et là elle m’ajoute 3 dollars sur ma carte. HISTOIRE VRAIE !

Restons motivés !

De toute façon, c’est un fait, certains mots sont difficiles à prononcer (choir, furthemore, the rural juror, rare – en parlant de la cuisson de la viande) mais il y a aussi des mots qui font illusion quand on les case avec une voix nasillarde : Thank you, All right/ all set, Definitely… Je mise tout sur la confiance en moi : je fais tout de même de l’anglais depuis le CM2, j’ai regardé environ 17 600 heures de séries en VO, j’ai chanté en yaourto-anglais des milliers de chansons anglaises. J’avais même appris par cœur le début de la première tirade de Richard III de Shakespeare. Enfin, en dernier recours, je peux ausssi feindre de ne pas parler anglais, c’est moche, mais ça permet d’éviter les sollicitations de la Croix Rouge dans la rue.

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